C'est la question que nos conseillers entendent dix fois par jour. La réponse courte : l'inox si vous cuisinez au gaz ou si vous voulez une crédence qui traversera trois cuisines, l'aluminium si vous rénovez sans casser, si vous posez seul ou si le budget compte. La réponse longue mérite douze critères.
Le tableau comparatif en un coup d'œil
| Critère | Inox 304 | Aluminium 5754 |
|---|---|---|
| Tenue thermique continue | 400 °C | 180 °C |
| Poids au m² | 8 kg (tôle 1,5 mm) | 2,7 kg (tôle 2 mm) |
| Dureté de surface | 200 HV (2 500 HV en PVD) | 100 HV (400 HV anodisé) |
| Prix indicatif au m² TTC | 189 à 309 € | 149 à 179 € |
| Pose collée seule | Jusqu'à 150 cm | Toutes dimensions |
| Recoupe sur chantier | Non recommandée | Scie circulaire lame alu |
| Palette de teintes | 4 finitions (dont PVD) | Anodisé + 213 RAL |
| Corrosion en air salin | Excellente | Excellente (qualité marine) |
| Compatibilité gaz nu | Sans réserve | 10 cm de recul |
| Durée de vie estimée | 30 ans et plus | 20 ans et plus |
1. La source de chaleur décide presque toujours
Si vos plaques sont à induction ou vitrocéramique, les deux matériaux conviennent : la crédence ne dépasse jamais 90 °C, même après deux heures de cuisson. Si vous cuisinez au gaz, la flamme d'un brûleur wok peut lécher le mur et faire monter la tôle à 250 °C ponctuellement. À cette température, l'aluminium ne fond pas — son point de fusion est à 660 °C — mais sa couche anodique peut se ternir localement. L'inox, lui, ne bronche pas.
2. Le poids change tout le jour de la pose
Une crédence de 240 × 70 cm pèse 13,5 kg en inox contrecollé contre 4,5 kg en aluminium. Ce n'est pas une donnée de catalogue, c'est une réalité physique de chantier : l'aluminium tient seul en position pendant que la colle prend, l'inox demande des cales ou une seconde personne pendant vingt minutes. Sur une pièce de moins de 150 cm, la différence s'efface.
3. Le prix : environ 20 % d'écart à finition comparable
Pour une crédence de 180 × 70 cm, comptez 269,90 € TTC en inox brossé 304 contre 219,90 € en aluminium brossé. L'écart se creuse sur les grandes surfaces et se réduit sur les petites, où le forfait façonnage de 34 € pèse proportionnellement plus lourd.
4. L'aspect : plus proche qu'on ne le croit
À un mètre de distance, un profane distingue rarement un inox brossé d'un aluminium brossé. La différence tient au reflet : l'inox renvoie une lumière légèrement plus froide et plus contrastée, l'aluminium un gris plus doux et plus lumineux. Dans une cuisine sombre, l'aluminium éclaire davantage ; dans une cuisine très lumineuse, l'inox donne plus de caractère.
5. La couleur : avantage net à l'aluminium
L'anodisation permet à l'aluminium d'obtenir des teintes métalliques profondes — champagne, bronze, noir — pour un surcoût de 20 à 30 €/m². Sur inox, la même chose passe par un traitement PVD, procédé sous vide à 450 °C bien plus coûteux : comptez 100 €/m² de plus. Si votre projet est coloré, l'aluminium est le choix économique évident.
6. La rayure : question de finition, pas de métal
L'inox nu est plus dur que l'aluminium nu, c'est un fait. Mais aucun des deux ne se vend nu chez nous : l'anodisation porte l'aluminium à 400 HV, soit deux fois la dureté de l'inox brossé standard. Le vrai classement de la résistance à la rayure, du plus dur au plus tendre : PVD (2 500 HV) > anodisé (400 HV) > inox brossé (200 HV) > laqué (150 HV).
7. Ce que nous conseillons, cuisine par cuisine
- Cuisine familiale au gaz, usage intensif : inox brossé 304.
- Rénovation d'appartement sur carrelage existant : aluminium brossé.
- Petite cuisine sombre, besoin de lumière : inox miroir ou aluminium brossé.
- Cuisine noire d'architecte : inox noir PVD, ou aluminium noir mat si le budget est serré.
- Projet coloré, façades bois ou vert sauge : aluminium anodisé champagne.
- Location meublée, pose réversible : aluminium, sans hésiter.